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L’OID a lancé début juillet un groupe de travail sur les Achats responsables dans l’immobilier, co-piloté par Gecina et Icade. Un outil et un guide d’accompagnement seront disponibles début 2019.

 

Des Achats responsables, dans quel but ?

Les Achats responsables concernent tous les achats intégrant des critères environnementaux, sociaux et de développement économique dans la sélection des prestataires. L’acheteur cherche à optimiser ses achats, dans un esprit de calcul des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance inhérents à ces achats. Le donneur d’ordre vise ainsi à mesurer les impacts de sa chaîne de valeur, afin de les maîtriser et de les minimiser.

Les risques extra-financiers sont très importants pour les donneurs d’ordre. Si une société veut réduire ses impacts sociétaux, sociaux et environnementaux, cela requiert un contrôle approfondi de sa chaîne d’approvisionnement, car les impacts cumulés de celle-ci sont bien supérieurs à ceux du groupe seul. L’enjeu de la maîtrise de l’empreinte globale de l’entreprise dépend donc en partie de la réduction des impacts de ses fournisseurs. L’évaluation de ces risques est nécessaire dans le cadre d’une politique RSE.

Pour le donneur d’ordre, il s’agit de construire des relations de confiance avec les fournisseurs, de dialoguer avec eux pour le développement de solutions avec de moindres impacts sociaux et environnementaux, d’optimiser les prestations des fournisseurs et de protéger sa marque. En instaurant des critères RSE dans leurs appels d’offre, et en soumettant leurs fournisseurs à des évaluations, les donneurs d’ordre pourraient transformer petit à petit toute la chaîne d’approvisionnement et donc in fine la nature des offres.

Les achats responsables sont une préoccupation de plus en plus importante au sein des entreprises. En effet, selon le baromètre Achats Responsables HEC/EcoVadis 2017, 97% des départements Achats / Chaîne d’approvisionnement des entreprises interrogées considèrent le développement durable et la RSE comme des enjeux importants ou très importants. De même, selon une étude de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE), 64% des entreprises présentent leur démarche Achats Durables comme un objectif prioritaire de leur politique RSE.

 

Des outils normatifs développés pour les Achats responsables

Il existe différents outils à disposition des donneurs d’ordre pour structurer une politique Achats responsables. Des normes internationales sont disponibles, et la Loi sur le devoir de vigilance prévoit l’instauration d’un devoir de surveillance par les grandes entreprises par rapport à différents risques environnementaux et aux droits fondamentaux de leurs activités, filiales, sous-traitants et fournisseurs, en France comme à l’étranger.

La Médiation des entreprises et le Conseil National des Achats ont également développé une charte, la Charte Relations Fournisseurs Responsables, afin de remédier aux relations difficiles entre les PME et les donneurs d’ordre. Un Label Relations Fournisseurs et Achats Responsables a été créé à sa suite.

Ces outils seront présentés dans le guide de l’OID à paraître début 2019.

 

Une politique Achats responsables à l’échelle d’une entreprise

La formalisation d’une démarche Achats responsables peut s’appuyer sur différentes méthodes.

Les chartes fournisseurs et codes d’éthique énumèrent un certain nombre de critères que les fournisseurs de l’entreprise s’engagent à respecter. Ils portent sur des points tant environnementaux que sociaux ou de gouvernance de l’entreprise prestataire.

Outre ces chartes, les donneurs d’ordre peuvent réaliser des évaluations RSE de leurs fournisseurs, qui comptent en règle générale pour 5 à 15% de l’évaluation finale. Ces évaluations peuvent s’effectuer en interne ou via un organisme tiers, comme EcoVadis ou ACESIA.

Les démarches Achats responsables des organisations dépendent pour beaucoup de la volonté de la direction d’instaurer de telles politiques et de la mobilisation des équipes à ce sujet. Le guide de l’OID présentera des clés de succès de ces démarches.

 

Une démarche sectorielle pour l’immobilier

Les fournisseurs sont soumis à des grilles de critères différentes selon les donneurs d’ordre. Cela peut se révéler chronophage pour les prestataires notamment de petite taille qui n’ont pas forcément les ressources humaines ou financières suffisantes pour répondre aux évaluations ou fournir les justificatifs adéquats.

Certains secteurs comme l’industrie ferroviaire (Railsponsible) ou l’industrie des cosmétiques (Responsible Beauty Initiative) ont mis en place des initiatives sectorielles afin de permettre l’échange de bonnes pratiques et l’harmonisation des standards et critères ESG entre les entreprises du secteur.

L’outil de l’OID sur les Achats responsables sera disponible début 2019, sous la forme d’un guide et d’une grille de critères.

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