L’OID a organisé le 12 juin un Atelier sur les labels et certifications. Celui-ci a été l’occasion de remettre en perspective l’offre, toujours plus importante, d’outils de valorisation des démarches responsables appliquées aux bâtiments tertiaires.

 

Des consommations énergétiques à la résilience

Depuis les années 2000, les thèmes et critères pris en compte par les outils de valorisation ne cessent d’évoluer. Si les critères liés à l’énergie, l’eau, les matériaux ou le confort physiologique sont, depuis une quinzaine d’années, intégrés dans les certifications généralistes telles que HQE ou BREEAM, de nouvelles thématiques émergent. Cette évolution est visible à la fois par la multiplication des labels thématiques, souvent monocritères, et par l’intégration de nouveaux enjeux dans les référentiels des généralistes « historiques ». Ces nouvelles thématiques, apparues petit à petit depuis 2010, sont : la biodiversité (BiodiverCity, Ecojardin, Effinature, etc.), le bien-être (Well, Fitwel, OsmoZ, etc.), l’impact carbone (BBCA, E+C-, etc.) et la connectivité (R2S, WiredScore, etc.). Deux sujets sont encore plus récents mais devraient faire parler d’eux prochainement : l’économie circulaire (CradletoCradle) et la résilience (RELi).

L’atelier, grâce à l’intervention de GreenAffair et aux échanges avec la salle, a notamment permis de faire un focus sur les enjeux liés à la certification et/ou labellisation des démarches de réduction l’impact carbone des bâtiments :

 

Quels obstacles à la valorisation d’une démarche bas carbone ?

De nombreux outils existent aujourd’hui pour labelliser une démarche bas carbone : on peut penser aux nouveaux labels Effinergie 2017 (BBC, BEPOS et BEPOS+), au label BBCA ou encore au label E+C-, qui, étant un label d’Etat, va préfigurer la nouvelle règlementation environnementale de 2020. Cependant, la comptabilisation de l’impact carbone d’un bâtiment est une tâche qui s’avère toujours délicate sur de nombreux points. Quelques-uns ont été évoqués :

  • Le principal problème est le manque de données, et le manque de fiabilité de ces dernières. Afin d’établir l’impact carbone d’un bâtiment, les acteurs immobiliers ont généralement besoin des FDES (une fiche de déclaration environnementale et sanitaireanalyse l’impact carbone d’un matériau ou d’un produit sur tout son cycle de vie). Celles-ci sont transmises par les fournisseurs, ou associations de fournisseurs et sont complexes et coûteuses à produire. De plus, les fournisseurs produisent bien souvent des EPD (Environmental Product Declaration) au niveau européen et ne souhaitent pas fournir en plus des FDES. Afin de répondre à cette difficulté, le référentiel BBCA de juin 2018 va par exemple laisser la possibilité d’utiliser des données équivalentes si celles nécessaires à la comptabilisation ne sont pas disponibles. Une autre difficulté concerne le manque important de données (PEP) sur les équipements techniques (un panneau solaire par exemple). En effet, seuls les matériaux de construction ont des données relativement solides sur la base de données INIES.
  • Le périmètre d’usage retenu ainsi la phase à laquelle l’audit est réalisé influent grandement sur le niveau que l’on peut obtenir dans les labels de performance énergétique et d’impact carbone. En effet, si le périmètre retenu comprend le périmètre RT et hors RT, les résultats peuvent passer du simple au double. Les simulations thermiques dynamiques (STD) peuvent résoudre ce problème, à condition qu’elles soient réalisées durant la phase d’exploitation, et non à la livraison du bâtiment.
  • Les labels carbone démontrent parfois des critères restreints et laissent de côté d’autres problématiques qui sont pourtant essentielles à l’amélioration de l’impact carbone d’un immeuble. Par exemple, le label BBCA valorise seulement les émissions évitées et non pas la limitation de l’artificialisation des sols : la construction sur une friche urbaine, même si elle évite l’étalement urbain et la perméabilisation des sols, ne sera pas valorisable dans ce label si cela nécessite une reconstruction totale des fondations (utilisation de matériaux à fort impact carbone).
  • Enfin, le nouveau référentiel BBCA de juin 2018, autrefois aligné sur les hypothèses et niveaux du label E+C-, sera temporairement en décalage avec ce dernier. En effet la nouvelle version revoit à la hausse le montant carbone (1250kg) autorisé pour être labellisé, ce montant étant auparavant perçu comme trop contraignant se trouvera donc entre le niveau C1 et le niveau C2 du label règlementaire.

 

Une autre thématique désormais incontournable, le confort et le bien-être, a été abordée durant l’atelier dans le cadre du retour d’expériences de CBRE sur l’application d’une telle démarche dans leur nouveau siège français.

 

Comment mettre en place et valoriser une démarche d’amélioration du confort et bien-être au sein d’un bâtiment ?

Actuellement, plusieurs labels thématiques abordent le sujet du confort et du bien-être. Notamment le nouveau label OsmoZ, qui a pour particularité de comprendre ce thème à la fois à l’échelle de l’individu (sa santé, la qualité de l’air, la luminosité, etc.) mais également à une échelle plus collective. En effet, les approches RH, les outils mis à disposition par l’entreprise (comme les chartes contre les discriminations par exemple) ou encore l’animation sont des critères à part entière de ce nouveau label et influent donc sur la notation finale.

Au-delà du passage en flex office, la mise à disposition de nouveaux services aux collaborateurs comme un espace de restauration, une salle de sport ou un service de conciergerie figurent parmi les bonnes pratiques qui, selon plusieurs enquêtes, impactent de manière positive le quotidien de ces derniers. Il faut retenir de l’intervention de CBRE des clés de succès pour conduire ces changements significatifs en termes d’organisation du travail :

  • Tout d’abord, il s’agit de convaincre le top management afin de donner à la démarche une réelle envergure ;
  • Ensuite, il est préférable d’initier en amont une méthode de co-construction et de change management. CBRE a sur ce point organisé de nombreux ateliers afin de sensibiliser et recueillir l’avis des usagers ;
  • Enfin, le suivi et l’évaluation restent essentiels pour permettre une amélioration continue. Pour ce faire, le groupe a mis en place des enquêtes de satisfaction régulières, mais également des multi-capteurs sur les différents espaces de travail afin de collecter des données sur leur utilisation et améliorer cette dernière.

Si les labels et certifications servent à la valorisation de vos projets, ils peuvent simplement constituer une source d’inspiration, sans qu’une souscription soit nécessaire. Aussi, l’OID vous propose une base de ressources pour comprendre et analyser l’offre existante d’outils de valorisation dans l’immobilier. De quoi guider vos futures démarches responsables.

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