Les millennials vont-ils vraiment transformer le secteur immobilier ?

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Les millennials seraient plus flexibles, les millennials seraient plus créatifs, etc. Avant d’esquisser les traits de la génération des moins de 35 ans à travers une définition généralisante, commençons par appréhender le milieu dans lequel celle-ci évolue. Notamment au regard des logiques immobilières.

 

Tendances démographiques, sociales et immobilières forment un cadre nouveau

« Augmentation des prix des loyers, gentrification des grandes et moyennes villes, inflation du secteur de l’immobilier, difficultés pour obtenir un prêt à la banque… À quoi bon économiser toute sa vie pour ne même pas pouvoir investir dans un logement de taille décente et correctement situé ? ». Voilà une façon de dresser le tableau des tendances à l’œuvre, ou du moins perçues par la génération Y.

Parallèlement, la hausse de la durée de vie des parents de cette génération décale automatiquement le moment de l’héritage (aux alentours de l’arrivée à la retraite), la propriété par l’héritage est donc envisageable de façon très tardive pour les millennials. Ces derniers connaissent par ailleurs des parcours professionnels beaucoup plus évolutifs et hachés, ce qui garantit une stabilité financière moindre. Enfin, ils connaissent des schémas familiaux moins traditionnels (familles monoparentales etc.). Ces caractéristiques globales peuvent expliquer les attentes différentes qu’ils ont à l’égard de l’offre immobilière.

 

Des aspirations différentes pour leurs lieux de vie

Si affirmer que l’usage l’emporte sur la propriété est un lieu commun à nuancer, on peut tout de même voir que quelques valeurs nouvelles prennent de l’importance chez cette génération. D’abord un fort attachement aux services et à l’ « accès » : les moins de 35 ans privilégient un logement connecté, numérique, à proximité des transports, et évolutif.

Ces attentes influencent non seulement le type de biens immobiliers demandés, mais également les canaux de vente et de communication pour répondre à cette demande. Génération davantage connectée, les recherches immobilières se feraient à 77% sur téléphone portable. Cela a des conséquences directes sur le métier d’agent immobilier, mais également sur les supports utilisés par les acteurs du secteur.

Qui dit nouvelles attentes dit nouvelles opportunités pour le secteur immobilier. A ce titre, il s’ouvre à des acteurs de plus en plus diversifiés. On notera par exemple que Google s’essaie à la construction et que Facebook lance les marketplaces (dont l’immobilier est l’un des plus gros volumes de trafic). L’aspiration au voyage prenant de l’ampleur, le développement de plateformes comme AirBnb pousse également à des changements d’utilisation des biens immobiliers : les millennials qui achètent sont plus nombreux à proposer ensuite ce bien à la location.

 

Millenials n’est qu’un mot

Toutes les jeunes générations n’ont pas la même capacité d’achat. A ce sujet, l’immobilier haut de gamme est bousculé par les jeunes ayant de très hauts revenus. Repérage de leurs lieux de vie sur Instagram, visite virtuelle par Skype, priorités revisitées (pourquoi avoir une belle cuisine à l’heure de Deliveroo et de Uber Eats, etc. ?) figurent parmi les spécificités de ces jeunes acheteurs.

Aussi, bon nombre de préjugés sont à relativiser. Par exemple, les millennials sont-ils vraiment réticents à l’achat immobilier ? Selon une étude Logic-Immo de mars 2018, ces derniers sont plus enthousiastes face à l’achat immobilier que les générations précédentes, ils pensent qu’il leur est plus difficile d’accéder à la propriété par rapport à ce qu’a pu connaître les autres générations, mais cela est commun à toutes les générations. Enfin, 88% affirment que l’accompagnement d’un professionnel immobilier demeure essentiel.

 

Comment adapter l’offre ?

Davantage enclins à négocier que leurs ainés, les millennials semblent friands des nouvelles offres qui se développent aujourd’hui. Les pratiques évoluent, des notions telles que le co-living émergent, porté par exemple par Colonies, Redman, ou encore BNP Paribas, les modalités d’accès au logement sont revisitées, notamment grâce aux dispositifs de « crédit ballon », « prêt au bien » ou encore de « propriété à vie ».

Rendez-vous le 14 juin pour la conférence « Immobilier & Prospectives – Co-living et propriété à vie : les millenials bouleverseront-ils l’immobilier ? », organisée par l’OID et le Plan Bâtiment Durable dans le cadre du cycle Immobilier & Prospectives.

L’occasion d’en savoir plus sur les attentes des millennials et les nouvelles offres, avec les témoignages de Xavier LEPINE, Président du Directoire, La Française, de Fabrice Bonnifet, Directeur Développement durable & QSE, Groupe Bouygues, François Roth, Co-fondateur, Colonies, et Philippe Pelletier, Avocat et Président, Plan Bâtiment Durable.

Les inscriptions se font à ce lien.

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